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Monaco en 2006, Patrick se qualifie pour Hawaï
Interview de Patrick Montjallard : "l'Ironman
d'Hawaï, c'est l'épreuve qui fait autant peur que rêver
et cela fait plus de vingt ans que ça dure." ©
Lionel Beccari
Pour les adeptes des sports d'endurance, le triathlon
d'Hawaï, avec ses 4,8 kilomètres à la nage, 180
kilomètres en vélo et 42,195 kilomètres (la
distance d'un marathon) à pied, représente bien plus
qu'une épreuve sportive.
Ceux qui ont eu l'honneur d'y participer parlent
d'accomplissement dans une vie et il suffit de voir l'admiration
de ceux qui, par milliers au bord de la route, les encouragent durant
plus d'une dizaine d'heures pour rapidement se rendre compte qu'avec
Hawaï, on est dans le hors norme.
Le triathlète du club d'Avignon Le Pontet,
Patrick Montjallard, a décroché sa sélection
à Monaco il y a plus d'un an en s'imposant dans sa catégorie
d'âge (55-59 ans).
Alors qu'il s'apprête à prendre l'avion
pour Hawaï, où il s'élancera le 13 octobre au
matin pour le Championnat du Monde Ironman comme seul Vauclusien
et plus ancien participant de la délégation française,
il nous livre ses impressions.
Patrick, pourquoi l'Ironman d'Hawaï ?
"Au fil des ans, avec l'expérience,
je me suis rendu compte que pour moi, le triathlon c'était
vraiment la longue distance, c'est-à-dire entre 10 et 18
heures d'effort non stop. Il y a ce dépassement de soi, autant
physique que mental, qui y est unique. Hawaï, ça représente
le summum du longue distance car c'est là-bas qu'est né
le triathlon, que ce sont faites les plus belles légendes
du triathlon mondial. C'est l'épreuve qui fait autant peur
que rêver et cela fait plus de vingt ans que ça dure.
Comment obtient-on son dossard pour faire partie
des 2000 triathlètes qui vont pouvoir toucher cette légende
?
Il y a une quinzaine d'épreuves de sélection
à travers le monde : en Corée, aux Etats-Unis, en
Australie, en Afrique du Sud, au Brésil, au Japon, en France...
Avec chaque fois très peu de place, une seule dans mon cas
à Monaco. Il y a deux ans, j'avais fait 2ème et l'an
passé ce fut la bonne en m'imposant devant une belle représentativité
internationale.
Billet en poche, il s'est écoulé
un an depuis. Comment gère-t-on l'attente du rendez-vous
?
C'est un sacré avantage d'avoir décroché
ma sélection aussi tôt. On y gagne en sérénité
pour se préparer tant au niveau sportif que logistique, car
c'est un sacré investissement financier, mélangé
à une préparation physique qui doit être très
rigoureuse. Mon Hawaï 2007 a donc commencé dès
Monaco 2006, et je remercie mes partenaires, mon club, mon entraîneur
Marc Bouchard et tout un environnement à la fois familial
et amical qui m'a permis de me préparer au mieux.
Durant un an, j'ai alterné entre le costume pour boucler
le budget et la tenue de sport avec une moyenne annuelle de 15 heures
d'entraînement par semaine pour être au top. C'est déjà
un sacré défi quand on n'est pas professionnel et
qu'il faut concilier vie familiale et professionnelle en même
temps.
Quel sera ton objectif sur ce triathlon ?
45 000 athlètes du monde entier ont essayé
de se sélectionner. On se retrouvera à 2000 au départ.
Se qualifier est déjà un premier objectif accompli.
Après, le second objectif, qui est celui du champion du monde
comme du dernier, est avant tout de terminer, et puis si tout se
passe bien, on se lâchera un peu sur le marathon. Mais la
règle d'or est de rester humble et prudent dans une telle
aventure.
Après, je peux toujours rêver à un podium puisque
celui qui m'a battu de tout juste quinze minutes il y a deux ans
à Monaco a terminé deuxième l'an passé
à Hawaï.
Peux-tu imaginer ce que ça représente
de revêtir le fameux maillot de finisher d'Hawaï ?
Honnêtement, je n'ose l'imaginer. Terminer
Hawaï, au niveau émotionnel, ça pourrait être
comme lorsque j'ai fini mon premier marathon en 1989, mais en puissance
10.
Depuis plus de dix ans, rien que de regarder les images à
la télé de cette fameuse ligne d'arrivée me
donne les frissons, donc la passer à mon tour... Non, c'est
vraiment trop fort pour imaginer la magie que cela doit représenter."
Propos recueillis par Lionel Beccari le 3
octobre 2007.
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